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Un article écrit par Anne Jeger, psychologue clinicienne.
Elle répond à vos questions si vous lui écrivez: Elle reçoit des enfants, des adolescents et des adultes confrontés à des ruptures de lien (décès, maladie grave d'un proche, séparation,...), des difficultés familiales, scolaires ou professionnelles, des problèmes relationnels ou des questions existencielles.
| | Voyage à travers les étapes de la vie de couple : Le premier travail des conjoints est de se reconnaître et de se faire reconnaître comme couple, c'est-à-dire comme entité séparée des familles d'origine, afin de constituer le Soi conjugal (A. Eiguer), pour lequel une phase d'illusion est nécessaire.
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L'attirance, le règne du "on" Les partenaires sont attirés pour des raisons objectives et subjectives, secrètes, le plus souvent inconscientes. Ils s'attirent mutuellement autour d'une problématique commune, mais avec deux manières différentes ou opposées d'y réagir.
Ensemble, ils vont colmater la partie de soi qui est fragile, consolider leurs frontières poreuses (=ligne sinueuse). L'unité du couple va les renforcer, les soutenir. Ils sont seuls au monde. Pourtant un couple n'est jamais isolé, il est pris dans des appartenances familiales, culturelles, sociales, religieuses nécessaires. Mais c'est le temps de la fusion, illusion indispensable. Ils vont privilégier l'idéal du couple, ce qui leur est commun et mettre de côté tout ce qui pourrait amener de l'écart entre eux. Etre transparent, être deviné… Je ne vais quand même pas demander … Relation exclusive, inconditionnelle.
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Du "on" au couple: Si l’illusion fusionnelle continuait, elle conduirait à l‘appauvrissement relationnel. La nécessité d'un espace pour soi commence à se faire sentir. Progressivement les investissements personnels, extérieurs au couple, reprennent leurs droits, la relation à l'autre n'est plus totale, sans mettre en péril l'appartenance au couple. La relation évolue, la menace fusionnelle s'éloigne, on va pouvoir se rapprocher sans s’y perdre. Le soi et le couple se mettent à coexister. On ne peut vivre sans liens, la question est de trouver la bonne distance entre soi et l’autre. On peut défusionner, se désintriquer, lâcher l’autre sans le perdre. La condition pour pouvoir lâcher l'autre c'est d'être suffisamment en confiance, rassuré quant à son couple. L'estime de soi se raffermit, la co-dépendance diminue, les partenaires ne collent plus l'un à l'autre. Deux individus séparés, tout en restant couple. Il y a place pour le soi et pour le couple. Il est nécessaire qu'existe une certaine distance relationnelle, un espace entre soi et l'autre, une aire de différenciation, un espace de jeu, pour pouvoir être en relation. Jeu = 2 sens: action de jouer, humour, légéreté… Le désir naît de l'écart: Le couple n'est pas le tout de la vie des personnes. Elles existent aussi hors de lui. Le couple ne peut tout donner et de trop grandes attentes provoquent déception et résistance.
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L'enfant: Avec l'arrivée de l’enfant, la famille reprend ses droits. Parfois, dans un premier temps, les couples ne sont plus que parents tant l'investissement de l'enfant est important et le désir d'être de bons parents est grand. Le couple s'efface naturellement au profit de la famille. Les priorités s'adressent aux enfants. Cette étape est vécue par certains couples comme un tremblement de terre. Tous les espaces devront être renégociés. Dans le meilleur des cas, les relations se diversifient, et ne s'excluent plus. D’un mode relationnel en "ou" on à un mode relationnel en "et" : je ne serai plus ou mère ou femme, ou père ou amant, etc. mais je découvre que je peux être à la fois, mais pas en même temps, mère, épouse et femme, je peux être père, mari et homme. |