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Le système d’alerte en cas d’enlèvement d’enfants a de la peine à s’installer chez nous. Il ne verra probablement pas le jour avant 2010!
Pourtant, lorsqu’un enfant disparaît, nos gorges se nouent… Sarah, Maddie et Ylenia restent toujours dans nos mémoires. Les pays anglo-saxons ont mis en place depuis longtemps des outils permettant la centralisation d’informations, que ce soit par des initiatives étatiques ou privées.
Amber Alert est un plan qui fonctionne rapidement depuis 1996 aux Etats-Unis et au Canada. Il a permis de retrouver plus de 140 enfants. En 2006, la France a adopté le dispositif Alerte Enlèvement. Le procédé a été déclanché plusieurs fois et s’est toujours conclu par un succès.
La Fondation pour la Recherche d’Enfants Disparus FREDI à Fribourg a déposé en juillet 2008 une pétition munie de quelque 32'500 signatures à la Chancellerie Fédérale. Le texte demandait à la Confédération d’organiser, en harmonie avec les cantons, l’adoption, sans délai, de " l’Alerte Enlèvement ". Lors du rapt de la petite Ylenia en juillet 2007, les autorités ont attendu six jours pour alerter les cantons voisins et dix jours pour en informer l’Autriche, pays limitrophe de St Gall. La fillette a été retrouvée morte après 47 jours… Sur son site www.fredi.org, cette Fondation nous rappelle bien tristement qu’environ 1000 mineurs disparaissent chaque année en Suisse, toutes causes confondues. Si la plupart sont retrouvés vivants, souvent après une fugue, 35 enfants ont été victimes d’un crime depuis 1980, 14 cas ne sont toujours pas élucidés et 5 d’entre eux ont disparu sans laisser de traces. Une douzaine d’enfants ont été retrouvés … assassinés. Le site de la Fondation FREDI rassemble aussi une quantité d’informations pertinentes liées à ce fléau. Il nous prévient qu’il faut:
- Moins de 5 secondes à un kidnappeur « exercé » pour enlever un enfant.
- Selon le lieu de l’enlèvement, moins de 80 minutes pour quitter le territoire suisse sans être inquiété
- Près d’une heure pour donner l’alarme à la police
- Entre 15 et 30 minutes pour mettre en place un dispositif de recherches dans le secteur
Les problèmes engendrés par la souveraineté de chaque canton en Suisse en matière de police et l’ouverture des frontières aggravent encore la situation au profit des voleurs d’enfants et des criminels C’est une lapalissade de dire que les premières heures d’un enlèvement sont cruciales! Plus les moyens de recherches mis à disposition sont rapides, plus les chances de retrouver l’enfant et le ravisseur sont élevées! En 2009, les médias et toutes les nouvelles technologies sont des relais permettant la diffusion instantanée de l’information à grande échelle. Faudra-t-il encore un drame pour que nos politiques empoignent enfin ce dossier ? Notre patience a des limites…
Roselyne Grob de Wolff Équipe rédactionnelle LaFamily.ch |