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Le comportement de votre enfant, de votre adolescent vous étonne? Il sort des réflexions dénuées de tout fondement sur son apparence, sur ses propres capacités, sur la nourriture. Vous avez entendu parler de la boulimie et de l'anorexie, mais vous vous posez toujours des questions.
Un article fait en collaboration avec l'association ABA, Association Boulimie Anorexie, active pour toute la Suisse Romande
Qu'est ce que l'anorexie - Boulimie? Ces maladies entraînent leurs victimes dans une spirale infernale où la nourriture devient le centre de leurs pensées. Manger ou ne pas manger, surveiller avec angoisse la direction que prend l’aiguille de la balance, une table des calories dans le cerveau, les victimes de troubles alimentaires s’enferment peu à peu dans un monde obsessionnel où elles perdent pied, entraînant avec elles leur entourage qui ne sait comment se comporter face à cette attitude inexplicable et suicidaire.
Toujours plus fréquents, les troubles alimentaires touchent principalement des jeunes filles de plus en plus jeunes. Bien que plus rarement concernés, les garçons ne sont de loin pas épargnés.
La pré-adolescence est une période charnière dans le développement de l’anorexie et de la boulimie. Vers 12-14 ans, les jeunes filles font parfois preuve d’une étonnante capacité à l’autocritique: décontenancées face à un corps en pleine transformation, confrontées à l’image des mannequins présentée dans les médias, elles entretiennent souvent une alimentation complètement déséquilibrée, un jour au régime et carburant le lendemain aux chips et au chocolat. Crise de mal-être passagère ou malaise plus profond qui mérite la plus grande attention? La plupart des anorexies ou des boulimies commence par un régime. Cela ne signifie pas que toutes les jeunes filles qui débutent un régime vont nécessairement développer l’une ou l’autre de ces maladies. Mais derrière ces propos à priori banals de la part d’une jeune adolescente en pleine recherche d’identité, il y a peut-être un signal d’alarme à prendre au sérieux, en particulier s’ils se répètent ou s’accompagnent d’un changement d’attitude. Manque de confiance en soi, remarques négatives sur son propre physique, repli sur soi, communication difficile sont autant de signes à ne pas minimiser.
Comment détecter ces maladies?
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Ma fille ne cesse de se plaindre de son physique: elle se trouve trop grosse et parle régulièrement de se mettre au régime. Comment réagir ?
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Essayez de comprendre avec elle pourquoi c’est important pour elle ;
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la perte de ces kilos est-elle une condition nécessaire à son intégration parmi ses amis?
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A-t-elle des remarques à l’école?
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Apprenez-lui à faire la part des choses: à l’adolescence, le corps se transforme: la prise de poids est non seulement normale mais qui plus est, nécessaire pour son bon développement.
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Aidez-la à porter un regard critique sur l’image du corps véhiculée par les médias. De votre côté, méfiez-vous des petites plaisanteries et remarques sur son physique: si elles peuvent vous paraître anodines, leur effet peut être dévastateur chez une jeune fille déstabilisée et particulièrement sensible.
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Enfin, n’oubliez pas que les enfants ont tendance à reproduire les schémas qu’ils ont toujours connus. Interrogez-vous sur votre propre comportement: face à un parent toujours au régime et insatisfait de son image, un enfant a bien des chances de développer la même attitude.
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Depuis quelques temps, ma fille refuse certains aliments, trouve mille excuses pour ne pas manger à table avec nous en prétextant avoir déjà déjeuné, pas faim ou mal au ventre. Par ailleurs, elle semble avoir perdu du poids. Pas facile de ne pas perdre patience face à une attitude qui peut être vécue comme une provocation. Mais en vous concentrant sur ce que votre enfant mange ou pas, vous risquez de passer à côté du véritable problème. Dites-vous bien que la nourriture n’est que le sommet de l’iceberg. Prenez le temps de parler avec votre enfant en organisant par exemple une sortie spéciale, retrouvez-vous dans un cadre de confiance et montrez-vous disponible. Rassurez-la, dites-lui ce que vous aimez chez elle (pas seulement physiquement!), rappelez-lui ce qu’elle sait bien faire. Et surtout, n’oubliez pas de lui répéter….que vous l’aimez telle qu’elle est! Parfois, le fait de prendre un peu de temps ou de montrer plus d’attention et d’amour peut avoir des effets surprenants…
Impossible de dialoguer.
Si la communication ne passe pas, ne vous accablez pas: n’oubliez pas que l’adolescence est une période crise entre parents/ enfants…Il peut être utile d’aller voir ensemble votre médecin de famille auquel vous pourrez faire part de vos craintes. Le médecin voudra peut-être voir ensuite votre enfant seul. Ne vous sentez pas rejeté; c’est une bonne chose si votre enfant peut parler à son médecin.
Aucun doute, mon enfant souffre d’anorexie. Depuis quelques temps, elle mange peu et elle a perdu beaucoup de poids. Ne laissez pas traîner les choses: votre enfant a besoin de soins adaptés. Le mieux est de s’adresser à un spécialiste (voir ci-dessous). Il est probable que votre enfant essaie de vous rassurer en prétendant manger à l’extérieur, ou en promettant de se remettre à manger. Les personnes qui souffrent d’anorexie ont l’impression de maîtriser la situation alors qu’en réalité, elles sont complètement dépendantes de la maladie qui les amène à avoir des attitudes agressives et à mentir. Même s’il refuse de voir un médecin, insistez. N’oubliez pas qu’il met sa vie en danger. L’anorexie est une maladie qui peut entraîner des séquelles graves voire la mort (10% des malades). On sait par ailleurs que plus la maladie est traitée rapidement, plus elle a des chances d’être guérie.
La boulimie une maladie qui ne se voit pas La boulimie n’est pas à prendre à la légère: elle est d’autant plus pernicieuse qu’elle ne se voit pas. Alors que la jeune fille anorexique choque par sa maigreur, la boulimique semble souvent en pleine forme. La réalité est toute autre: derrière les apparences, elle vit un véritable enferdans lequel la nourriture est devenue sa drogue. Elle est régulièrement prise d’un besoin irrépressible de manger et avale en cachette des quantités énormes de nourriture, plusieurs fois par semaine, parfois même plusieurs fois par jour. Pour pouvoir manger, elle est capable d’inventer mille prétextes, d’annuler des rendez-vous et de s’enfermer dans des mensonges. La crise est souvent suivie de purge par des vomissements ou d’autres comportements compensatoires, - jeûne, prise de laxatifs, activités physiques – pour éviter la prise de poids. De fait, les personnes qui souffrent de boulimie présentent la plupart du temps un poids normal. Leur souffrance est très grande: elles ont honte de ne pas pouvoir se maîtriser, leur estime de soi est au plus bas et elles n’osent pas en parler, s’enfermant ainsi dans un cercle vicieux qui peut les entraîner dans la dépression.
Comment savoir si mon enfant fait des crises de boulimie? Quels signes peuvent me mettre la puce à l’oreille? Repli sur soi, dénigrement, repas difficiles, agressivité, crises de larme, sautes d’humeur voire dépression. Physiquement, il est possible qu’elle passe par des prises et des pertes de poids successives. Ses mains peuvent porter des traces rouges de ses dents dues aux vomissement.
Que faire? Encore une fois, toutes les remarques liées à son alimentation peuvent susciter les pires susceptibilités et une réponse agressive, un repli sur soi. N’oubliez pas que la personne qui souffre de boulimie a une piètre estime d’elle-même. Elle se sent facilement agressée et aura tendance à nier tout problème. Essayez de savoir comment elle va, comment elle se sent – pas ce qu’elle a mangé…Marques d’affections, patience, sont précieuses pour elle.
Se sortir de la boulimie n’est pas une simple question de volonté mais demande des soins adaptés. Faites-lui comprendre que ce qu’elle vit est une maladie, qu’il ne s’agit pas de la juger sur son comportement mais bien de trouver de l’aide pour qu’elle s’en sorte. Encouragez-la à consulter un médecin.
Quelles sont les conséquences sur sa santé? Tout comme l’anorexie, la boulimie est une maladie qui peut avoir des conséquences graves; dents attaquées par les acides des vomissements répétés, oesophage irrité…Par ailleurs, elle est souvent liée à la dépression. On estime que 20% des jeunes filles qui souffrent de boulimie font une tentative de suicide.
Quels sont les traitements existants ? Comme pour de nombreuses maladies psychiques, il n’existe pas une formule clé pour le traitement des troubles alimentaires. Chaque cas est particulier et ce qui convient pour certains ne conviendra peut-être pas à d’autres. Une chose est sûre: le traitement demande du temps et un important investissement de la malade et parfois des proches. En fonction de la problématique et de la personne, plusieurs approches existantes sont possibles: psychanalytique, rogérienne, systémique, cognitivo-comportementales, à médiation corporelle et artistique, etc…Une approche corporelle peut être aidante, les malades étant complètement déconnectées de leurs corps et devenues incapables de ressentir leurs besoins et leurs émotions. Ce qui est important, c’est de trouver la personne de confiance avec qui le courant passe, quitte à en voir plusieurs avant de trouver la bonne. Agir rapidement permet en outre de ne pas entrer dans le cercle vicieux de l’habitude et donne d’avantage de chances de s’en sortir.
Vous pouvez vous adresser à votre médecin ou auprès de l’association ABA qui dispose d’adresses de thérapeutes spécialisés dans votre région.
En tant que parents comment faire face ? Les parents – et les proches- de personnes souffrant d’anorexie ou de boulimie sont entraînés dans une situation particulièrement pénible. Ils doivent faire preuve de beaucoup de patience et de compréhension. La malade peut parfois leur donner l’impression de les mener en bateau: il est important de faire la part des choses entre la maladie et la personne elle-même. Dans certains cas, l’hospitalisation peut s’avérer nécessaire. La coupure peut être positive à la fois pour l’enfant et pour la famille, en permettant de prendre du recul et des forces. Pour éviter de vous épuiser, pour pouvoir parvenir à prendre de la distance et vous ressourcer, ne vous oubliez pas! Ménagez-vous des plages de temps pour faire ce que vous aimez, prenez des cours…Vous pouvez aussi avoir envie ou besoin de faire le point sur vous-mêmeavec un thérapeute.
Où trouver de l’aide ?
L’association ABA propose une écoute et un soutien aux personnes souffrant de troubles du comportement alimentaire (TCA) et à leurs proches, par l'intermédiaire de:
- permanence téléphonique
- soutien par email
- consultations psychologiques
- groupes de soutien pour les proches
- groupes à thèmes pour personnes souffrant de TCA et leurs proches
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