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Nos enfants et le Père Noël: croire ou ne pas croire au Père Noël Que répondre à son enfant lorsqu'il demande si le Père Noël existe ou pas? Est-ce une bonne chose de lui laisser croire qu'il existe? A quoi peut servir un tel mythe?
Quelques éléments de réponses avec notre partenaire, Anne Jeger, Psychologue
Car il s'agit bien de cela finalement: la légende du Père Noël tient du mythe collectif qui rassemble et qui rassure parce que c’est un rite. Et nous avons besoin de rites comme repères dans un monde déstructuré. Dans l'imaginaire populaire, le Père Noël est le symbole de la générosité, du don, du sens du cadeau gratuit. Il est le gardien des vœux les plus chers. Le cadeau "tombe du ciel" et il n’est pas tributaire du comportement de l’enfant à la maison ou à l’école, de ses résultats scolaires… Le Père Noël fait rêver, il est presque réel. On peut décider ou non d’offrir à l’enfant la possibilité d'y croire, d’écrire une lettre et de préparer des petites attentions enfantines issues de la tradition populaire et du folklore local.
Pour l'enfant, le Père Noël est important dans la construction de son imaginaire: L’enfant a une imagination débordante peuplée de gentils et de méchants. Il a besoin et envie de vivre des moments de magie, de féérie pour s’évader, s’amuser, rire, rencontrer et apprivoiser ses peurs, entrevoir des solutions aux difficultés de sa vie…L’histoire du Père Noel a la même fonction que les contes de fée : raconter une histoire invraisemblable. Et le Père Noel est un personnage imaginaire au même titre que les héros des contes.
Et ensuite.... s'il n'y croit plus? Peut-il se sentir trahi? C’est environ vers 6-7 ans que le doute s’installe et que l’enfant va se détacher progressivement de cette figure imaginaire pour passer à autre chose. C’est un processus naturel. Certains enfants seront tristes parce que découvrir la vérité signifie la perte d’une illusion, d’un rêve d’enfant et annonce une nouvelle étape de développement : il fait l’apprentissage de la distinction entre le réel et l’imaginaire. Etape importante et fondamentale pour continuer à bien grandir. Souvent l'aîné de la fratrie ou le copain de classe sèmera le doute. S’il commence à poser des questions, on peut lui demander : « et toi qu’est-ce que tu en penses ? », l’interroger, le laisser réfléchir, l’aider un peu. Mais dans le fond, il en sait plus qu’on ne peut l’imaginer et il aime continuer à y croire…. Même si finalement le cadeau ne tombe pas du ciel, la valeur du cadeau gratuit est importante à transmettre à son enfant. Et elle peut se faire également à travers d’autres expériences de vie.
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