Adolescent en colère : Que faire ?

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Comprendre la colère de mon enfant

La colère est une émotion de base souvent mal comprise, encore moins entendue. Pourtant, comme toute émotion, elle est porteuse d'un message. Comprendre la colère de son enfant est un des meilleurs moyens pour l'endiguer et vivre plus sereinement.

  1. Colère : d'où viens-tu ?
  2. La colère utile pour l'autonomie
  3. Un dialogue de sourd ?
  4. La colère interdite ou révole impuissante
  5. La colère non bruyante
  6. Que faire de cette colère

1. Colère : d’où viens-tu ?

Colère vient d’un mot grec qui veut dire La bile : une personne bileuse ne va pas bien. Pour comprendre cette émotion, considérons que la colère vient de l’intérieur vers l’extérieur. Ainsi on se place du côté de la personne qui reçoit cette colère et on ouvre une perspective de dialogue contre cette colère.

2. La colère utile pour l’autonomie

 Ce dialogue avec colère et non-colère est au centre du processus d’autonomie de l’enfant et de l’adolescent.

Lorsque l’enfant commence à acquérir de l’autonomie, des tensions peuvent apparaître dans la famille. Alors que les parents ont pris soin de porter leur enfant depuis sa naissance, ils doivent à présent le guider en laissant leur fille ou leur fils faire des choix. Ce lâcher prise nécessite deux parties : le parent et l’enfant. D’un côté le parent doit accepter de perdre le contrôle ; de l’autre, l’enfant doit respecter les règles qui entourent ce lâcher-prise. La colère peut être un des éléments qui provoque cet écartement entre les deux parties. Elle permet à l’enfant de créer un espace émotionnel et ainsi de différencier clairement deux personnes : les souhaits des parents, et ceux de l’enfant. Comprendre cette colère est essentielle : prenons l’exemple d’une maman surprotectrice ; c’est grâce à cette colère exprimée par l’enfant qu’il va pouvoir s’écarter de sa mère afin de pouvoir s’épanouir au mieux.

3. Un dialogue de sourd ?

Lorsque deux personnes communiquent, il s’établit une relation circulaire. Dans cette circularité, la colère peut venir entraver la bonne communication. Très vite, chacun des parties va répondre à l’agressivité de l’autre, rentrant en escalade symétrique. « Moi, je sais mieux que toi ! Non c’est moi … » Au final, le message initial est perdu et il ne reste plus qu’un affrontement sans possibilité d’écoute. Pour éviter cela, il est important d’accepter que le dialogue se fait à deux. Dans cette situation de colère, chacun porte sa propre responsabilité. En acceptant que cette agressivité soit due aux deux, je respecte l’Autre et je reconnais sa souffrance. N’oublions pas que la colère est une manifestation d’une certaine souffrance interne. Il est essentiel de comprendre l'adolescent durant cette phase-clé.

Loin de penser la colère comme l’expression de la méchanceté, il faut la voir comme un message de détresse, de souffrance. Si je conçois la colère comme de la méchanceté, je n’ai pas de raison d’écouter l’autre, il a nécessairement tort ; Je suis le bon, il est le mauvais. Le dialogue est rompu, enfermant l’enfant dans une colère criant « à l’aide » mélangeant peur et désespoir. En écoutant la colère comme l’expression d’une détresse, j’offre la possibilité d’entendre ce désespoir, et d’y répondre. Ainsi, la colère à toute raison de cesser d’exister. 

 
Taire une colère est peut-être le plus grand des maux. Si une personne ne peut exprimer son émotion, elle va rester en elle et va s’accumuler. A l’adolescence, cette colère peut se transformer en violence. Parce qu’il ne peut être entendu par des mots, parce que son émotion est tuée et reniée, il risque de passer de triste à méchant. Cette violence l’enferme, et il est d’autant plus difficile pour les autres de l’entendre et de le comprendre. L’adolescent se retrouve en cage, emprisonné dans la colère et la violence. Pourtant, dans cette prison émotionnelle que peuvent vivre beaucoup d’adolescents, il y a un être souffrant.

 

4. La colère interdite ou la révolte impuissante

 On doit sortir de cette perspective Méchanceté = Prison.

Nous, adultes, n'avons plus le droit de sous-estimer la colère. Qu’il y ait une sanction pour quelqu’un qui commet un délit. Oui. Mais il a commis un délit. Il n’est pas un élément délictueux. Ce n’est pas toute la personne qui est méchante. Il a commis un délit, punissable, …

Cette amertume qui s’accumule au fond de notre être fait qu’on pète les plombs. Quand il y a une famille où tout le monde est connecté, toute la famille sera touchée.
Certains, ayant accumulé cette colère vont essayer de la noyer dans l’alcool, la drogue, le suicide. 

 

5. La colère non bruyante

La colère est une émotion de base, elle est donc essentielle pour le bon développement de la personne et des relations. Certaines personnes vont réprimées cette colère en eux, en osant pas l’exprimer de peur de ternir leur image de « personne modèle ». La maman dévouée, le gentil papa, l’enfant modèle, prendront sur eux la colère des autres sans oser exprimer la leur. Ces personnes vivent la colère et ont le droit de les exprimer sans crainte. En ne prenant pas l’espace pour dire ce qu’ils ressentent, ils risquent de laisser cette colère s’exprimer silencieusement en attaquant directement la relation.

 

6. Que faire de cette colère ?

Deux éléments clés sont à garder en tête pour gérer cette colère :

1)    Tout d’abord, il faut rassurer la personne sur l’expression de sa colère. Souvent par crainte de perdre le statut de personne idéale, elle réprime cette colère. Offrez l’assurance à votre enfant qu’il peut vivre une émotion négative, qu’il peut l’exprimer sans risque, que votre relation avec votre enfant ne changera pas. 

2)    Il faut transformer cette colère en un message recevable : il faut la traduire en termes acceptables et entendus par l’Autre. Souvent quand une personne est en colère, elle élève la voix, comme si on l’entendait mieux. Et nécessairement, pour que l’autre soit entendu, il va se sentir obligé de parler aussi fort, si bien qu’on ne finit plus que se battre sur « Qui parlera le plus fort ? »

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