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Mensonge et enfant: les enfants mentent pour grandir

Mentir, c’est pas bien, tout le monde est d’accord. Sauf que par commodité, sociabilité ou pour protéger son jardin secret, enfants comme adultes s’arrangent en permanence avec la vérité.

Entre tout dire et travestir...

Imaginez un monde où on ne cacherait rien de ses pensées dans sa vie professionnelle et personnelle… Eh bien, ce serait vite un enfer! Personne ne peut vraiment dire ce qu’il ressent sans risquer de fâcher l’autre qu’il soit un collègue, un ami ou un membre de sa famille.
Pourtant au sein du couple, avec ses enfants, on s’attend à de la sincérité, à de la franchise les uns envers les autres. Alors, la déception est grande lorsque l’on s’aperçoit que sa fille, son fils ne nous dit pas tout ou affabule effrontément.

On oublie que dans la vie de tous les jours, par politesse, par omission ou pour avoir la paix, le mensonge est bien pratique.

Du côté de l’enfant, il lui permet d’éviter une punition, de ne pas décevoir ses parents ou ses camarades. Au bureau comme à l’école, le mensonge est donc indispensable pour survivre et trouver sa place dans un groupe.

  • Entre 3 et 6 ans, l'enfant ne ment pas mais confond le vrai et le faux.
  • Vers 7 ans, à l’âge dit de raison, l’intention de tromper son monde apparaît en même temps qu’il fait la différence entre le bien et le mal. Plus ça va, plus il devient un expert et affine ses stratégies.
  • A l’adolescence, le mensonge est une forme d’opposition, de rébellion à l’encontre de son éducation. A condition que cela n’aille pas trop loin, qu’il ne se mette pas dans des situations impossibles, les parents peuvent être indulgents et considérer que le mensonge contribue aussi à affirmer sa personnalité.

Je mens, tu mens, nous mentons tous

Les réseaux sociaux ont érigé le mensonge en art de communication.

Sur Facebook, Instagram, les célébrités autant que les inconnus s’inventent des vies fabuleuses et palpitantes. Les corps y sont parfaits, le bonheur déborde de partout et nous éclabousse. Pourquoi s’étonner alors que les enfants en fassent de même?

S’inventer une vie meilleure, des copains formidables n’est pas grave tant que l’on n’est pas dupe et que cela reste un jeu.

A l’abri du regard des parents, l’enfant puis l’adolescent va ainsi préserver son intimité.
Accepter qu’il cache une bêtise, qu’il vous jure qu’il n’a pas fumé alors qu’il empeste le tabac, c’est le voir comme une personne avec toutes ses particularités et son propre mode de fonctionnement.

Se frotter à l’autorité parentale fait partie de l’apprentissage et chez l’enfant, le mensonge est un outil parmi d’autres pour obtenir satisfaction. Aux parents de distinguer les mensonges sans conséquence du type «J’peux pas faire la vaisselle, j’ai des devoirs à finir» et ceux qui peuvent saboter durablement la confiance.

Pour éviter qu’il prenne l’habitude de trop mentir, les parents doivent respecter son univers, ne pas vouloir tout savoir et ne pas avoir des exigences qui l’obligent à devenir un peu trop cachottier.

Et bien sûr, donner l’exemple en mentant soi-même le moins possible, ce qui aidera les enfants à établir des relations justes et vraies avec les autres.

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