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Jusqu’où pousser ses enfants ?

A l’école et en dehors, au sport ou au piano, les parents veulent que leur enfant soit le plus brillant et le plus épanoui possible. Quitte parfois à confondre soutien et acharnement.
 
Au bord du terrain de sport, ils crient et s’emportent. A la maison, ils supervisent les devoirs et se fâchent quand on leur annonce une mauvaise note. Ils ? Ce sont des parents qui s’investissent à fond dans la réussite scolaire et extrascolaire de leur enfant.

« En éducation, tout est une question de dosage, observe Bruno Humbeeck, psychopédagogue à l'Université de Mons, en Belgique. Trop comme pas assez d’attentes peut être préjudiciable pour l’enfant. « Optimiser » son enfant peut créer de la tension et finir par épuiser tout le monde.»

« La société, l’école mettent beaucoup de pression sur les parents, juge Caroline Eap, psychologue FSP. Les apprentissages sont axés sur la performance et non pas sur le plaisir d’apprendre. » Par peur du déclassement, les parents poussent encore plus fort leur enfant à faire des études, à décrocher un diplôme, à avoir une bonne situation et à bien gagner sa vie au final. Vers 10-11 ans, la concurrence démarre déjà quand les enfants doivent choisir leur orientation. Quant à l’inquiétude des parents pour leur avenir peut apparaître bien avant, dès la naissance.

« De nos jours, avoir un enfant est un projet précis à un moment précis, relève M. Humbeeck. Les parents veulent le mettre dans les meilleures conditions comme si son avenir ne dépendait que d’eux. » La tentation de le programmer, de contrôler alors sa trajectoire est grande. Tout autant que le risque de voir ses attentes contrariées par les aléas de la vie, par les capacités réelles de son enfant ainsi que par sa personnalité.

Pousser n’est pas forcer

Drone, hélicoptère, curling, tous ces qualificatifs désignent des parents qui se comportent plus ou moins comme des coachs. Et si malgré le temps et tous les efforts consentis, l’enfant n’y arrive pas, s’il n’atteint pas les objectifs, le danger est que surviennent la déception, la culpabilité et le sentiment d’avoir failli à sa mission éducative.

« Bien souvent, l’enfant est un miroir dans lequel les parents se projettent, analyse Mme Eap. Mais ce n’est pas à lui de réaliser ce que le parent n’a pas pu ou su faire, son rôle n’est pas de nous réparer. »

Dans un monde incertain, vouloir exploiter tout son potentiel semble pourtant être une manière de l’armer, de l’aider à affronter le futur. « Sauf que les choses changent et que les enfants font désormais des choix de vie plutôt que des choix de carrière. remarque M. Humbeeck. A la différence de leurs parents, ils ne misent pas tout sur le travail et préfèrent réussir leur vie c’est-à-dire vivre en cohérence avec leurs valeurs, leurs aspirations plutôt que réussir dans la vie et avoir une position sociale.»

L’enfant a besoin de temps pour s’épanouir et trouver sa voie qu’il finira par trouver même s’il est juste moyen à l’école. « S’il ne se passionne pas pour les études, il saura s’investir et s’accomplir plus tard dans un métier qui lui plaît, explique Mme Eap. En tant que parent, nous devons l’aider à rencontrer ses envies, ses centres d’intérêt et le soutenir. »

Dans sa vie d’élève comme dans le reste de son quotidien, confiance et optimisme font plus que stress ni anxiété.

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