A force d’en faire toujours plus pour leur enfant, certains parents s’usent et s’oublient. Pour sortir de cette hyper-parentalité, ils doivent penser aussi à leurs propres désirs.
« La parentalité intensive est devenue la norme aujourd’hui et vous êtes soumis à beaucoup d’injonctions qui n’existaient pas avant, constate Gaëlle Venard, doctorante en psychologie à l'UNIL. En plus de la pleine réussite scolaire de votre enfant, vous devez veiller à son épanouissement personnel, l’inscrire à un tas d’activités sportives, musicales, culturelles. »
Tout ça, dans le but louable qu’il se réalise et qu’il soit préparé pour l’avenir. Cela demande d’y consacrer du temps, de l’argent et de s’exposer à une grande fatigue physique et émotionnelle pouvant mener jusqu’à l’épuisement.
Selon Pro Familia Suisse, 5% des parents sont touchés par le burnout parental et la Suisse fait partie des pays occidentaux les plus concernés par le phénomène.
« Puisque nous faisons des enfants par choix dorénavant, ça nous oblige à tout mettre en place pour leur bien-être et leur confort quitte à nous sacrifier et parfois à en devenir esclaves, explique Céline Brocard coach, formatrice pour adultes à Yverdon et habitante de Gryon. C’est une inversion totale des rôles, un grand changement par rapport à la génération de nos parents ou de nos grands-parents. »
Souffrance et regrets finissent par ébranler l’image de la famille idéale et "instagramable". Se prémunir contre cette impression d’échec nécessite de prendre du recul et de savoir s’adapter en permanence.
Qu’ils le veuillent ou non, les parents perdent de leur influence au fil des ans.
« Tant qu’ils sont jeunes, nous pouvons pousser notre fils ou notre fille vers le foot ou la danse, note Mme Brocard. Mais à l’adolescence c’est fini, ils ne répondent plus à nos attentes. Autant s’y préparer le plus tôt possible en lâchant prise et en leur permettant de trouver leur propre trajectoire. »
A trop vouloir les protéger d'une société qu’ils jugent dangereuse, les hyper parents sont tentés de contrôler leur environnement.
« Tout en restant à son écoute, on doit laisser l’enfant puis l’ado expérimenter, se responsabiliser petit à petit à l’école et en dehors, remarque Mme Venard. Sinon on aura beau tout faire, ça ne suffira jamais et on en fera un jeune adulte anxieux et moins armé pour affronter les embûches de la vie. »
Après avoir accepté leur déclassement en passant de demi-dieux à simples consultants, mais avec quand même le sentiment du devoir accompli, les parents peuvent clore le projet familial et explorer de nouvelles envies. C’est souvent à l’adolescence que les mamans se remettent dans la vie professionnelle ou augmentent leur temps de travail. En se décentrant de sa vie de famille et en n’y plaçant plus l’enfant au centre, on rend service à tout le monde. L’ado se sentira soulagé en sachant que ses parents ont d’autres plans, d’autres aspirations et qu’il pourra quitter le nid familial sans se demander ce qu’ils deviendront après lui.
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