Cet article a été rédigé avec l’aide de Yves-Alexandre Thalmann - www.yathalmann.ch
En 2011, une étude de l’office fédéral de la statistique a mesuré le degré de satisfaction de la population vivant en Suisse et celui-ci est élevé. En effet, 3 personnes sur 4 (75,9%) se disent très satisfaites de leur vie en général. Les conditions matérielles, l'ambiance au travail mais aussi, la vie en commun, les relations personnelles participent pour plus de 80% à cette notion de bien-être. Malgré les tracas du quotidien, les divorces, la vie de famille contine d’incarner une valeur refuge. Entre signes extérieurs de richesse et équilibre intérieur, le bonheur semble une alchimie complexe.
Au-delà des chiffres, le bonheur est d’abord subjectif et personnel. Pour certains, il est proportionnel au compte en banque. «Une fois les besoins vitaux satisfaits, le luxe, la fortune n’apportent pas autant qu’on le croit» nous dit Yves-Alexandre Thalmann. Pour d’autres, la routine, les habitudes empêchent le bonheur. «C’est l’inverse, nous répond le psychologue, le bonheur est dans le quotidien et non dans les grands événements. Apprécier les petits moments de la vie, un café à une terrasse, une discussion entre amis, une balade en forêt, sont autant d’instants de bonheur que nous oublions de reconnaître». Par un changement de perception, nous augmentons donc notre capacité au bonheur. Ne pas le reporter, en profiter au présent semble un conseil simple à appliquer. Pourtant cette aptitude au bonheur varie en fonction des personnes.
«50% de notre capacité au bonheur est déterminé par nos gênes», nous explique Yves-Alexandre Thalmann. Joie et chagrin sont liés à l’action de certaines hormones, déterminées par notre héritage génétique. Ce qui peut expliquer la différence entre un optimiste et un pessimiste. «Pour autant, le bonheur se construit et ne nous tombe pas dessus», poursuit-il. Bien que réelles, les difficultés peuvent envahir, polluer notre quotidien jusqu’à prendre toute la place. «Une personne qui souffre, va oublier de se faire plaisir et restreindre sa vie à l’essentiel, à l’intendance matérielle. Le ménage aussi utile soit-il ne rend pas heureux alors qu’aller voir un ami donne du plaisir».
Les relations sociales sont les ferments du bonheur, résume le psychologue suisse.
Un divorce, une perte d’emploi sont ressentis comme des échecs. Ils peuvent aussi représenter une occasion de remettre en cause des schémas trop longtemps répétés. Quand l’individu prend conscience des habitudes qui jusque-là ne l’ont pas rendu heureux, il peut commencer à changer. De sa capacité à choisir par lui-même, dépend une nouvelle direction de vie. Bonne nouvelle, nous confirme les spécialistes, nous pouvons repartir à tout moment car rien n’est jamais définitif. «En psychologie, nous parlons de neuroplasticité, de la capacité du cerveau de se modifier, de ne pas être enfermé dans son propre fonctionnement» argumente Yves-Alexandre Thalman. Comme souvent, c’est le premier pas qui coûte. Si l’effort paraît insurmontable, l’aide d’un psychologue, d’une association peut se révéler nécessaire. Ils prêteront une oreille attentive à vos difficultés sans juger. S’écouter, se faire confiance sont les premières résolutions sur lesquelles bâtir un équilibre nouveau. Une fois le contact rétabli avec ses propres envies, personne n’est interdit de bonheur.
François Jeand’Heur, LaFamily.ch
Commentaires
Une journée particulière, de Anne Dauphine Julliand, ed. les Arènes, 2013
Bonne lecture